Tuesday, September 05, 2006

Le féodalisme moderne

Encore une fois le Liban à la merci de la communauté internationale, depuis plus d’un mois tout un peuple espère l’arrivée de quelques milliers de soldats pour reprendre le cours normal de la vie. En attendant, l’impression d’être dans une situation de ni guerre, ni paix sape le moral de la population, et si Israël a suspendu les hostilités au sud elle poursuit en toute impunité son blocus maritime et aérien et conserve ses positions dans plusieurs villages du territoire Libanais.
Drôle de victoire pour la drôle de guerre, un vainqueur sinistré, moribond ne sachant où donner de la tête pour remonter la pente économique, un vaincu qui pose les conditions de sa défaite. Mais peu importe puisque l’unité nationale prime sur tout le reste nous dit-on, mais de quelle unité est-il question ? Celle d’un peuple normalement solidaire face à l’ennemi, ou celle des politiciens du dialogue qui s’est tenu quelques temps avant le début de l’offensive Israélienne ? Dans notre démocratie consensuelle version moderne du féodalisme du XIX ème siècle, il me semble que le peuple n’a jamais eu voix au chapitre des décisions, il assiste et râle, subit et reconstruit, pour le reste il fait confiance aux vertus de la table de dialogue seule garante de la paix civile. Une vingtaine de politiciens représentant chacun une faction, un pouvoir, s’embrassant à tout va pour mieux se mordre, détiennent les cartes d’un jeu politique qui les dépasse entièrement. Aucune entente derrière les sourires hypocrites de ce jeu de dupe, juste une cordialité de façade. Les mêmes personnes au pouvoir (ou leurs progénitures), des situations semblables depuis un demi siècle, comment dans ces conditions les choses peuvent-elles encore évoluer ? Quand je pense que pendant tous ce temps l’unique aboutissement de la guerre du Liban a été le piètre accord de Taëf à moitié appliqué, un accord qui a subdivisé le pouvoir et bloqué toute action de l’exécutif, un accord auquel toute la classe politique se réfère mais qui sur le terrain est bafoué à tous les niveaux.
J’ai rêvé d’un pays où les débats d’idées seraient la force motrice du fonctionnement de l’état, où toutes les forces se rangeraient derrière un seul commandement légitime et républicain, où les responsables auraient des comptes à rendre au peuple, au lieu de cela une poignée de députés que le monde entier dénigre, se livrent sous le feu des caméras, à une mascarade grotesque au parlement. Mais malheureusement le ridicule ne tue pas.

3 Comments:

Blogger mey said...

Bonjour Marc,
Si un jour tu trouves ce pays tiens-moi au courant pour que je déménage tout de suite !!! On est nombreux à faire ce doux rêve...
Bien à toi.
pour ce qui est du blog, je ne lâche pas, je cherche juste les mots en ce moment. Je te tiens au courant.
As-tu une adresse mail ??

10:13 PM  
Blogger georges said...

Unité nationale que de conneries avale-t-on en ton nom, le tout sur un air de dabke - folklore oblige!

Ca me désole d'avoir découvert ton blog aussi tard, keep up the good work doc

12:58 PM  
Blogger Claudine said...

Marc c'est merveilleusement exprimé! Tellement ce que je pense, je ressens, tellement ce qui me révolte dans ce pays qui est le notre où les "Trilogies" "Grand pères, pères et fils" n'en finissent pas ... Tt comme les trilogies "drôle de guerre" drôle de paix" drôle de guerre" "construction" "destruction" "reconstruction" I'm longing to hope for a brighter tomorrow, wish someone can tell me how ...

10:51 PM  

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