Thursday, August 17, 2006

le retour

Lundi 14 août 2006, huit heures du matin, la nuit a été longue. Un dernier coup de canon, puis le silence, un silence rêvé par 3 millions de personnes dans un coin du monde, un silence pour une fois synonyme de vie.
Lundi 14 août 2006, des milliers de réfugiés se précipitent sans plus attendre sur les routes du sud, comme un signal de départ ce coup de canon crée des embouteillages monstres. Il faut arriver au plus vite, s’enquérir de la terre délaissée le temps d’une guerre, revoir ceux qui sont restés piégés par la sauvagerie des hommes. Des ponts de fortune sont rapidement édifiés sur les décombres, sur la terre boueuse, sur l’eau des rivières.
Lundi 14 août plus tard dans la journée, le trajet a été long, il fait très chaud, un homme se tient devant un tas de pierres, il vient de découvrir sa maison, ses meubles éparpillés au hasard du souffle, quelques livres feuilletés par la légère brise du soir, une photo témoignant du passé…pas grand-chose. L’homme n’a plus qu’un espoir, l’espoir que ce silence dure, qu’il ne soit pas obliger de reprendre la route avec sa famille. Il se dit qu’il faut tenir, c’est difficile mais il tient bon.
Lundi 14 août 2006, une famille dresse une tente sur le bitume, derrière elle un paysage de désolation, résultat de ces bruits qui ont résonnés dans nos têtes pendant 33 jours. Des gravats partout et des enfants qui jouent à la guerre, qui reprennent vie…Retrouvé enfin l’innocence, mais pour combien de temps ?
Lundi 14 août 2006, il est encore tôt pour songer à l’avenir, le passé est là à chaque coin de rue, sur tous les visages. Mais il faudra y songer avoir la volonté de reprendre les choses en main, rebâtir sur des bases solides, enfoncer les racines au plus profond de la terre. Les sacrifices consentis ne peuvent pas voler en éclat et toute cette farce macabre devra trouver une fin heureuse. Il est temps de prendre les décisions historiques pour enfin défier le mythe de Sisyphe et oublier ce 12 juillet où des hommes, des femmes, des enfants ont pris le chemin de l’exil.

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

je suis tombé par hasard sur ton blog et je suis vraiment touchée par le ton "juste" que tu as ... digne et vrai... loin des donneurs de lecons et du nombrilisme de certains autes blog ... keep on the good work!!!

1:25 PM  
Anonymous Anonymous said...

tres vrai ce que tu dis

4:54 PM  

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