Tuesday, August 15, 2006

l'état de droit

Retrouver sa terre, revoir sa maison… enfin ce qu’il en reste, enterrer les morts ou tout simplement reprendre la vie, voici la laborieuse mission du Liban qui n’en peut plus de renaître de ses cendres, d’accepter le triste sort que lui réserve l’Histoire.
Rien ne sera plus comme avant, avant ce 12 juillet 2006, date tragique du début de la guerre. Une guerre que apparemment personne ne voyait venir, une guerre qui s’est abattu sur nous comme une énorme boule de feu projetant ses éclats sur tout le territoire, une guerre qui a tué ce que nous avions de plus chère et démoli ce que nous avions bâti par la force de la volonté. Nous voici encore une fois acteurs passifs de la destruction du pays, assistant hébétés à la télé le monde parlant de nous, de notre douleur, de notre endurance.
Aujourd’hui le canon s’est tu, mais que reste-t-il au bout du compte ? Les décors dessinés anarchiquement par la plume des raids Israéliens, une femme entourant sa fille sous les décombres d’un immeuble, un fils cherchant sa mère à la pelle entre les barres d’acier et des objets inoffensifs qui assassinent sous leurs poids.
Mais visiblement les dirigeants ne semblent toujours rien comprendre à tous ces événements, les mêmes discours se répètent dans les médias, les mêmes analyses se succèdent, les mêmes chamailleries d’écolier se renouvellent sans qu’aucune voix ne sorte du lot. Rendre ou ne pas rendre les armes telle est la question essentielle du Liban en ce moment. Les « sans –cravates » mal rasés tiennent à leur arsenal et crient victoire, tandis que l’état pleurnicheur essaye de les amadouer pour mieux les entuber. Et enfin une force orange sortie directement des méandres de l’Histoire guerrière, tente par tous le moyens de récupérer le malheur des gens. Plus que jamais désunis les Libanais retombent comme par hasard dans les filets de la grande sœur qui glorifie à coup d’applaudissements programmés les exploits de la résistance. En somme Israël bombarde, la Syrie jubile, la communauté internationale constate et le Liban à travers ses politiques incapables refuse d’avancer, d’enterrer la culture de la mort.
A quand la force nouvelle, laïque et républicaine, indépendante et sereine ? A quand l’état de droit qui refuse les dictats des autres, qu’ils soient Iraniens ultra confessionnels ou Américains ultra puritains ?
Verrai-je ce jour où nous penserons par nous même ?
La route semble longue, tortueuse et la destination lointaine !

2 Comments:

Anonymous Fausto said...

D'abord mes sincéres condolences pour ton pays (encore une fois) détruit, mais aussi remerciements pour l'Impressionante analise. La façon "libre" d'ont tu t'exprimes me fais croire que l'etat libre et laïque n'est pas si loin que je le croyais. J'avais toute une autre image "extremiste" de ton pays - c'est l'image qu'on nous vend ici, a l'ocident - et nous sommes tellement proches...!

4:33 PM  
Blogger Colette said...

"Verrai-je ce jour où nous penserons par nous même ?"

Je le souhaite de tout mon coeur.

5:14 AM  

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